Elles se contentaient d’être. On dit : « Comme c’est curieux ! On me parle de tyrans locaux mis à la raison ; mais je constate qu’en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice- versa, il s’est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité. Bigre, mes chers collègues (comme on dit), je vous ôte mon chapeau (mon chapeau d’anthropophage, bien entendu). Elles ne justifient aucunement une inégalité de droits en faveur des peuples dits supérieurs, comme le voudrait le racisme. _____ AIMÉ CÉSAIRE, DISCOURS sur le COLONIALISME, en 1950. extraits choisis tirés de éd. La bourgeoisie, en tant que classe, est condamnée, qu’on le veuille ou non, à prendre en charge toute la barbarie de l’histoire, les tortures du Moyen-Age comme l’inquisition, la raison d’état comme le bellicisme, le racisme comme l’esclavagisme, bref, tout ce contre quoi elle a protesté et en termes inoubliables, du temps que, classe à l’attaque, elle incarnait le progrès humain. ». Car enfin, M. Yves Florenne en était encore à fignoler des romans paysans, des « drames de la terre », des histoires de mauvais œil, quand, l’œil autrement mauvais qu’un agreste héros de jettatura, Hitler annonçait : Si l’Europe ne galvanise les cultures moribondes ou ne suscite des cultures nouvelles ; si elle ne se fait réveilleuse de patries et de civilisations, ceci dit sans tenir compte de l’admirable résistance des peuples coloniaux, que symbolisent actuellement le Viet-Nam de façon éclatante, mais aussi l’Afrique du R.D.A., l’Europe se sera enlevé à elle-même son ultime chance et, de ses propres mains, tiré sur elle-même le drap des mortelles ténèbres. Plus de crise économique ! « (d'un inanimé) qui est à l'état sauvage »/ 1416 « qui n'a pas été façonné par l'homme »] et qui finit par être assimilé à la violence. Présence africaine, 1955. » Et c’est signé Joseph de Maistre. On pense bien qu’ainsi lancé, M. Caillois ne s’arrête pas en si beau chemin. », C’est clair, pour M. Yves Florenne, c’est le sang qui fait la France et les bases de la nation sont biologiques : « Son peuple, son génie sont faits d’un équilibre millénaire, vigoureux et délicat à la fois et... certaines ruptures inquiétantes de cet équilibre coïncident avec l’infusion massive et souvent hasardeuse de sang étranger qu’elle a dû subir depuis une trentaine d’années. Fort bien, c’est son droit. A cette idée : que nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation - donc la force - est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment. Séquence n°4 La question de l’homme dans les genres de l’argumentation du XVIème siècle à … Les routes ! L’heure est arrivée du Barbare. Césaire first published the essay in 1950 in Paris with Éditions Réclame, a small publisher associated with the French Communist Party (PCF). Signe qu’elle se sent mortelle. Il filtre. On aura compris que la secrète raison de cette impossibilité est que la Basse-Egypte est proche de la Méditerranée, donc des populations blanches, tandis que la Haute-Egypte est proche du pays des nègres.À ce sujet, et pour les opposer à la thèse de Weigall, Il n’est pas sans intérêt de rappeler les vues de Scheinfurth (Au cœur de l’Afrique, t. 1) sur l’origine de la flore et de la faune de l’Egypte, qu’il situe « à des centaines de milles en amont du fleuve ». ». Était-il inutile de citer le colonel de Montagnac, un des conquérants de l’Algérie : « Pour chasser les idées qui m’assiègent quelquefois, je fais couper des têtes, non pas des têtes d’artichauts, mais bien des têtes d’hommes. Au bout du capitalisme, désireux de se survivre, il y a Hitler. L’animal s’est anémié depuis ; son poil s’est fait rare, son cuir décati, mais la férocité est restée, tout juste mêlée de sadisme. Read "Discours sur le colonialisme suivi du Petit matin d'Aimé Césaire" by Aimé Césaire available from Rakuten Kobo. Commander les manuels en version numérique, Licence d’utilisation des manuels (CC‑BY‑SA | CC‑BY‑NC), Manuels Numériques Premium pour le collège, Manuels Numériques Premium pour le lycée. A M. Gourou exactement. Je vois bien ce que la colonisation a détruit : les admirables civilisations indiennes et que ni Deterding, ni Royal Dutch, ni Standard Oil ne me consoleront jamais des Aztèques ni des lncas. Que l’on pille, que l’on torture au Congo, que le colonisateur belge fasse main basse sur toute richesse, qu’il tue toute liberté, qu’il opprime toute fierté - qu’il aille en paix, le révérend Père Tempels y consent. J’en prends seulement connaissance. Je sais tout ce qu’il y a de fallacieux dans les parallèles historiques, dans celui que je vais esquisser notamment. Cela étant admis, et presque tous les savants occidentaux s’étant délibérément fixé pour but de ravir l’Egypte à l’Afrique, quitte à ne plus pouvoir l’expliquer, il y avait plusieurs moyens d’y parvenir : la méthode Gustave Le Bon, affirmation brutale, effrontée :« Les Egyptiens sont des Chamites, c’est-à-dire des Blancs comme les Lydiens, les Gétules, les Maures, les Numides, les Berbères » ; la méthode Maspero qui consiste à rattacher, contre toute vraisemblance, la langue égyptienne aux langues sémitiques, plus spécialement au type hébraeo-araméen, d’où suit la conclusion, que les Egyptiens ne pouvaient être à l’origine que des Sémites ; la méthode Weigall, géographique celle-là, selon laquelle la civilisation égyptienne n’a pu naître que dans la Basse-Egypte et que de là elle serait passée à la Haute-Egypte, en remontant le fleuve... attendu qu’elle ne pouvait le descendre (sic). « Tout en ce monde sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l’homme. - Peuh ! La vérité est que Lautréamont n’a eu qu’à regarder, les yeux dans les yeux, l’homme de fer forgé par la société capitaliste, pour appréhender le monstre, le monstre quotidien son héros. Je veux bien ; ça nous changera de tant de sensationnels navets qui adornent tant de capitales européennes. Je n’exagère rien. Et la chicote ? Les investissements massifs de capitaux ! L ’Europe est indéfendable. Aimé Césaire. Nous ne sommes pas les hommes du « ou ceci ou cela ». Et cet argent sanglant qui s’amasse dans vos coffres, messieurs ? Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan. De belles phrases solennelles et froides comme des bandelettes, on vous ligote le Malgache. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien. Foin du colonialisme ! [5] Cf. J’allais oublier la haine, le mensonge, la suffisance. Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Ceux qui, comme Ramadier, s’en barbouillent - à la Silène - la face ; Fonlup - Esperaber [4], qui s’en empèse les moustaches, genre vieux-Gaulois-à-la-tête-ronde ; le vieux Desjardins penché sur les effluves de la cuve, et s’en grisant comme d’un vin doux. Plus de boulevard. Aimé Césaire (1903-2008), écrivain et poète martiniquais, publie en 1950 Discours sur le colonialisme, un pamphlet contre le colonialisme. » Au second, de s’attaquer au faux évolutionnisme », en ce qu’il tente de supprimer la diversité des cultures, en le considérant comme des stades d’un développement unique qui, partant d’un même point, doit les faire converger vers le même but ». ». » Voilà où en est arrivée la bourgeoisie française, cinq ans après la défaite de Hitler ! J’ai dit qu’il y a des vues juste dans le livre de M. Gourou : « Le milieu tropical et les sociétés indigènes, écrit-il, dressant le bilan de la colonisation, ont souffert de l’introduction de techniques mal adaptées, des corvées, du portage, du travail forcé, de l’esclavage, de la transplantation des travailleurs d’une région dans une autre, de changements subits du milieu biologique, de conditions spéciales nouvelles et moins favorables. Ils étaient prêts, même à ce prix, ou plutôt à ce prix seulement, à renverser encore une fois leur attitude. Le préjugé de race n’aurait-il jamais effleuré nos vaillantes populations du Sud-Ouest ? L’idée du nègre barbare est une invention européenne. 2 On l’ausculte, on la surprend, on la sent, on la suit, on la perd, on la retrouve, on la file et elle s’étale chaque jour plus nauséeuse. L’auteur dénonce tous les actes de violence et de barbarie, la mise en esclavage de nombreux peuples et le pillage de leurs biens. Savoir l’invention de l’arithmétique et de la géométrie par les Egyptiens. Versez cette dévorante activité sur des pays qui, comme la Chine, appellent la conquête étrangère. Il a tout lu, tout dévoré au contraire. Là-dessus on sursaute. Bien entendu, l’humanisme ne perd point ses droits (nous sommes en Occident), mais entendons-nous : « Ce n’est pas en se perdant dans l’univers humain avec son sang et son esprit, que la France sera universelle, c’est en demeurant elle-même. koldobika @koldobika CC BY-NC-SA 17/01/2015. » Alors notre Gourou choisit de filer doux et d’omettre de préciser que, si le dilemme existe, il n’existe que dans le cadre du régime existant ; que, si cette antinomie constitue une loi d’airain, ce n’est que la loi d’airain du capitalisme colonialiste, donc d’une société non seulement périssable, mais déjà en voie de périr. Personne, que je sache, lorsque M. Albert Sarraut, tenant discours aux élèves de l’Ecole coloniale, leur enseigne qu’il serait puéril d’opposer aux entreprises européennes de colonisation « un prétendu droit d’occupation et je ne sais quel autre droit de farouche isolement qui pérenniseraient en des mains incapables la vaine possession de richesses sans emploi ». En 1950, il publie Discours sur le colonialisme, texte qui oue un rôle considérable dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation. ». Colonisation : tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires. Aimé Césaire en 2003 Aimé Césaire (1913-…) homme politique martiniquais fut de 1946 à 1993 député à l’Assemblée nationale française. Non, je le répète. Attendu, comme l’affirme son confrère en christianisme, le R. P. Muller : « que l’humanité ne doit pas, ne peut pas souffrir que l’incapacité, l’incurie, la paresse des peuples sauvages laissent indéfiniment sans emploi les richesses que Dieu leur a confiées avec mission de les faire servir au bien de tous ». Et je ne parle pas de Hitler, ni du garde-chiourme, ni de l’aventurier, mais du « brave homme » d’en face ; ni du S.S., ni du gangster, mais de l’honnête bourgeois. Comme ce n’est pas notre droit de nous en indigner. Il déplorait que « le destin de la civilisation d’Occident, le destin de l’homme tout court » fussent aujourd’hui menacés ; que l’on s’efforçât de toutes parts « de faire appel à nos angoisses, de contester les titres de notre culture, de mettre en question l’essentiel de notre avoir », et M. Massis faisait serment de partir en guerre contre ces « désastreux prophètes ». Ce sont les meneurs blancs qui leur fourrent ça dans la tête. Et n’essaie pas de savoir si ces messieurs sont personnellement de bonne ou de mauvaise foi, s’ils sont personnellement bien ou mal intentionnés, s’ils sont personnellement, c’est-à-dire dans leur conscience intime de Pierre ou Paul, colonialistes ou non, l’essentiel étant que leur très aléatoire bonne foi subjective est sans rapport aucun avec la portée objective et sociale de la mauvaise besogne qu’ils font de chiens de garde du colonialisme. Ce sont ces « intellectuels européens » qui, « par une déception et une rancœur exceptionnellement aiguës », s’acharnent depuis une cinquantaine d’années « à renier les divers idéaux de leur culture » et qui, de ce fait, entretiennent, « notamment en Europe, un malaise tenace ». Je vois bien celles - condamnées à terme - dans lesquelles elle a introduit un principe de ruine : Océanie, Nigeria, Nyassaland. Savoir la découverte de l’astronomie par les Assyriens. Notre Gourou est lâché ; ça y est ; il va tout dire ; il commence : « Les pays chauds typiques se trouvent devant le dilemme suivant : stagnation économique et sauvegarde des indigènes ou développement économique provisoire et régression des indigènes. », ces « il faut que ça saigne » éructés par le vieillard qui tremble et le bon jeune homme, élève des bons Pères, m’impressionnent beaucoup plus désagréablement que les plus sensationnels hold-up à la porte d’une banque parisienne. Chose significative : ce n’est pas par la tête que les civilisations pourrissent. Cette obligation est incompréhensible pour le Malgache. cit., p. 28. Le texte : Discours sur le colonialisme (1959), Aimé Césaire Mais parlons des colonisés. J’attends vos avis sur le livre. Aimé Césaire (1903-2008), écrivain et poète martiniquais, publie en 1950 Discours sur le colonialisme, un pamphlet contre le colonialisme. Tête du ministre quand il lit cela ! » C’est du Baudelaire, et Hitler n’était pas né ! La colonisation reposait ainsi sur une hiérarchie, grossière assurément, mais vigoureuse et nette. Ces clameurs sauvages ! « Le temps du vieux colonialisme est passé ». C’est cette action, ce choc en retour de la colonisation qu’il importait de signaler. M. Caillois tient la rectification pour nulle et non avenue. Lycée - Offres Manuels Numériques Premium. C’est très précisément cela qui donne une chance à M. Yves Florenne. » Ça, c’est la mouture scientiste et c’est signé Lapouge. », Fallait-il enfin rejeter dans les ténèbres de l’oubli le fait d’armes mémorable du commandant Gérard et se taire sur la prise d’Ambike, une ville qui, à vrai dire, n’avait jamais songé se défendre : Du Barbare moderne. », Convenait-il de refuser la parole au comte d’Herisson : « Il est vrai que nous rapportons un plein barils d’oreilles récoltées, paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis. Pensez donc ! CESAIRE DISCOURS SUR LE COLONIALISME PDF - Discourse on Colonialism is an essay by Aimé Césaire, a poet and politician from Martinique . Discours sur le colonialisme. Les psychologues, sociologues, etc., leurs vues sur le « primitivisme », leurs investigations dirigées, leurs généralisations intéressées, leurs spéculations tendancieuses, leur insistance sur le caractère en marge, le caractère, Full text of "D iscours sur le colonialisme", AAARGH - Site créé en 1996 par une équipe internationale. Elles leur confèrent plutôt des charges supplémentaires et une responsabilité accrue. C’est qu’il le mérite : il permet de voir gros et de saisir que la société capitaliste, à son stade actuel, est incapable de fonder un droit des gens, comme elle s’avère impuissante à fonder une morale individuelle. Délire d’une imagination malade ? On objecte à M. Caillois que la fameuse loi de participation inventée par Lévy-Bruhl, Lévy-Bruhl lui-même l’a reniée ; qu’au soir de sa vie, il a proclamé à la face du monde avoir eu tort « de vouloir définir un caractère propre à la mentalité primitive en tant que logique » ; qu’il avait, au contraire, acquis la conviction que « ces esprits ne différent point du nôtre du point de vue logique... Donc, ne supportent pas plus que nous une contradiction formelle... Donc rejettent comme nous, par une sorte de réflexe mental ce qui est logiquement impossible » [8]. Ils assiégeaient le Haut- Commissariat, assurant que, si on leur accordait le sang de quelques innocents, « tout le monde serait satisfait ». Tout le monde y gagne : grandes compagnies, colons, gouvernement, sauf le Bantou, naturellement. Ma seule consolation est que les colonisations passent, que les nations ne sommeillent qu’un temps et que les peuples demeurent. Hitler a bon dos Rosenberg a bon dos. Ce qui, en net, veut dire que le salut de l’Europe n’est pas l’affaire d’une révolution dans les méthodes ; que c’est l’affaire de la Révolution : celle qui, à l’étroite tyrannie d’une bourgeoisie déshumanisée, substituera, en attendant la société sans classes, la prépondérance de la seule classe qui ait encore mission universelle, car dans sa chair elle souffre de tous les maux de l’histoire, de tous les maux universels : le prolétariat. L’homme du peuple est presque toujours, chez nous, un noble déclassé, sa lourde main est bien mieux faite pour manier l’épée que l’outil servile. et l’impôt ? Aimé Césaire nous expose ses ressentiments sur la colonisation et ses dérives et conséquences sur les peuples opprimés. Discours sur le colonialisme " d'Aimé Césaire… Il ignore la rivalité avec l’autorité paternelle, la « protestation virile », l’infériorité adlérienne, épreuves par lesquelles l’Européen doit passer et qui sont comme les formes civilisées... des rites d’initiation par lesquels on atteint à la virilité... », Que les subtilités du vocabulaire, que les nouveautés terminologiques ne vous effraient pas ! Quelle générosité, mon Père ! « Il serait vraiment inouï, écrit le R.P. La voici : « On demande pourquoi la barbarie a débouché d’un seul coup dans la civilisation antique. Le peuple ! Et de fait, ne voyez-vous pas avec quelle ostentation ces messieurs viennent de déployer l’étendard de l’anti-colonialisme ? Mais descendons encore d’un degré. La règle, au contraire, est de la muflerie bourgeoise. De la sculpture Shongo ? Mannoni, fidèle à ses prémisses, vous expliquera qu’il s’agit là d’un comportement purement névrotique, d’une folie collective, d’un comportement d’amok ; que d’ailleurs, en la circonstance, il ne s’agissait pas pour les Malgaches de partir à la conquête de biens réels, mais d’une « sécurité imaginaire », ce qui implique évidemment que l’oppression dont ils se plaignent est une oppression imaginaire. Si nettement, si démentiellement imaginaire, qu’il n’est pas interdit de parler d’ingratitude monstrueuse, selon le type classique du Fidjien qui brûle le séchoir du capitaine qui l’a guéri de ses blessures. Antoine Vitez a su insuffler à la lecture qu'il a donnée en 1989 du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire la rigueur rageuse de ce réquisitoire sans haine ni pathos, imprégné d'humour et d'amour. Je sais que beaucoup d’entre vous, dégoûtés de l’Europe, de la grande dégueulasserie dont vous n’avez pas choisi d’être les témoins, se tournent - oh ! Oh ! Tant de sociétés, tant de langues éteintes, de cités, de droits, de foyers anéantis, firent le vide autour de Rome, et là où les barbares n’arrivaient pas, la barbarie naissait d’elle-même. Cela dit, il paraît que, dans certains milieux, l’on a feint de découvrir en moi un « ennemi de l’Europe » et un prophète du retour au passé anté - européen. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse. Et alors, me dira-t-on, le vrai problème est d’y revenir. Il est donc possible qu’il reparaisse dans l’avenir sous une forme quelconque. « Alors la grande tuerie avait commencé. Pressons : M. Caillois n’est pas encore au bout de son palmarès. Read 220 reviews from the world's largest community for readers. En soi cela n’est pas grave. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent. Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. Discourse on Colonialism (French: Discours sur le colonialisme) is an essay by Aimé Césaire, a poet and politician from Martinique who helped found the négritude movement in Francophone literature. Un trait de cette psychologie dépendante semblerait être que, puisque nul ne peut avoir deux maîtres, il convient que l’un des deux soit sacrifié à l’autre. Tout garanti, efficacité éprouvée, toute expérience faite et concluante, c’est d’un racisme qu’il s’agit, d’un racisme français encore maigrelet certes, mais prometteur. Ça sent trop son barbare. J’ai honte à le dire : c’est l’humaniste occidental, le philosophe « idéaliste ». Cela n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Et ces martyrs ? Acquista Discours sur le colonialisme in Epub: dopo aver letto l’ebook Discours sur le colonialisme di Aimé Césaire ti invitiamo a lasciarci una Recensione qui sotto: sarà utile agli utenti che non abbiano ancora letto questo libro e che vogliano avere delle opinioni altrui. On a cru n’abattre que des Indiens, ou des Hindous, ou des Océaniens, ou des Africains. Je fais l’apologie systématique des sociétés détruites par l’impérialisme. Ceux-ci ont de plus grandes capacités qui d’ailleurs ne leur donnent pas plus de droits, mais seulement plus de devoirs... De même, il existe actuellement, que les causes en soient biologiques ou historiques, des différences de niveau, de puissance et de valeur entre les différentes cultures. Aimé Césaire en 2003 Aimé Césaire (1913-…) homme politique martiniquais fut de 1946 à 1993 député à l’Assemblée nationale française. Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. Que l’Occident a inventé la science. Quoi donc, sinon celle de diriger le monde ? Des valeurs inventées jadis par la bourgeoisie et qu’elle lança à travers le monde, l’une est celle de l’homme et de l’humanisme - et nous avons vu ce qu’elle est devenue - l’autre est celle de la nation. _____ AIMÉ CÉSAIRE, DISCOURS sur le COLONIALISME, en 1950 Chaque jour qui passe, chaque déni de justice, chaque matraquage policier, chaque réclamation ouvrière noyée dans le sang, chaque scandale étouffé, chaque expédition punitive, chaque car de C.R.S., chaque policier et chaque milicien nous fait sentir le prix de nos vieilles sociétés. ». Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. Rien ne manquera, pas même le célèbre fardeau de l’homme blanc. COLLECTIF COMMUNISTE POLEX : QUI SOMMES-NOUS ? Et voyez la merveille : d’un côté hors d’Europe, des cérémonies type vaudou avec tout ce qu’elles comportent « de mascarade burlesque, de frénésie collective, d’alcoolisme débraillé, d’exploitation grossière d’une naïve ferveur », et de l’autre - côté Europe -, ces valeurs authentiques que célébrait déjà Chateaubriand dans le Génie du Christianisme : « les dogmes et les mystères de la religion catholique, sa liturgie, le symbolisme de ses sculpteurs et la gloire du plain-chant ». Aimé Cesaire Discours sur le Colonialisme-1 **Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Pour ouvrir ici une parenthèse dans ma parenthèse, je crois qu’un jour viendra où tous les éléments réunis, toutes les sources dépouillées, toutes les circonstances de l’œuvre élucidées, il sera possible de donner des Chants de Maldoror une interprétation matérialiste et historique qui fera apparaître de cette épopée forcenée un aspect par trop méconnu, celui d’une implacable dénonciation d’une forme très précise de société, telle qu’elle ne pouvait échapper au plus aigu des regards vers l’année 1865. Il n’y a plus que des crises raciales ! Et si on la leur donnait, ils ne sauraient qu’en faire.). Aérolithe littéraire ? Ces Malgaches, que l’on torture aujourd’hui, étaient, il y a moins d’un siècle, des poètes, des artistes, des administrateurs ? Ce rappel indispose la Banque d’Indochine. On parla de l’unité de l’esprit humain ; ce ne fut qu’un rêve. Aimé Césaire Discours sur le colonialisme (1950) Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne … Et cela, voyez-vous, n’a rien de l’exception. Ce frisson d’aise qui vous revigorait les somnolences ! À ce sujet, il est grand temps de dissiper l’atmosphère de scandale qui a été créée autour des Chants de Maldoror. Or, la vie qui révolte nos travailleurs rendrait heureux un Chinois, un fellah, êtres qui ne sont nullement militaires. J’ai dit, - et c’est très différent, - que l’Europe colonisatrice a enté l’abus moderne sur l’antique injustice ; l’odieux racisme sur la vieille inégalité.